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A propoIMG_3275s de l’auteur

Ne le 21 avril 1980 à Yaoundé, dans la région du centre au Cameroun. Diplômé de l’école supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication de Yaoundé, Patrick Clément Oyieh exerce sa profession de journalisme avec engagement et discipline. Adepte de la vérité, il ne recule devant rien pour informer. Ses démêlés avec la justice de son pays pour “délits de presses” prouvent à suffisance sa pointe acerbe et rigoureuse.

Directeur de publication du magazine MISS AFRIKA et l’hebdomadaire LA FLÈCHE paraissant a Yaoundé au Cameroun, Patrick, aujourd’hui, est retranché au Ghana, il se consacre à son plus grand rêve d’enfance, l’écriture. Ses premiers ouvrages verront bientôt le jour. Bénéficiaire d’une formation de langue anglaise à l’Alliance Française d’Accra il a accepté d’animer la rubrique ouverte pour la promotion de cette institution.


Francophonie au Ghana        

Ménager sa monture !

Les grands défis de la francophonie en terre anglophone

La mondialisation aidant, le français ou mieux la francophonie côtoie au quotidien l’anglais et devrait s’intensifier pour contribuer efficacement à la civilisation de l’universel ? dans cette optique, la francophonie doit mettre un point d’honneur à s’imposer dans ce qui est encore considéré comme les bastions imprenables de l’espace anglophone et matérialisé dans le cas d’espèce par certain pays d’Afrique, l’Inde, ou encore l’Australie.

En fait, la situation géographique de ces états qui ont été de véritables comptoirs de ce qui était alors la route de la soie, aura permis l’expansion du monde anglophone dans ce qu’on dénomme aujourd’hui comme le «grand océan Indien», eu égard à leur proximité avec ledit océan. Et devant le déficit criard de la langue française dans ladite zone géographique, on comprend aisément qu’elle constitue un défi majeur dans l’optique de la résorption progressive dudit déficit, en faisant notamment, de l’île de la réunion, le point d’ancrage d’un développement conséquent de l’espace francophone. Malheureusement, l’atteinte d’un tel objectif est desservie à l’essence par un ancrage socioculturel fort qui a concédé à l’anglais une outrageuse domination, il en est ainsi notamment du Ghana dans la côte Ouest africaine qui, bien que proche de l’Océan Atlantique est entouré de nombreux pays francophones notamment le Burkina Faso, le Togo et la Côte d’Ivoire avec lesquels les échanges socio-économiques se veulent forts et pourraient ainsi constituer le véhicule par excellence de la langue et, partant, de la culture francophone. A preuve, l’engouement perceptible des Ghanéens pour l’apprentissage de la langue française le démontre à suffisance, même si l’on peut par ailleurs déplorer l’insuffisance de structures stratégiques d’encadrement des apprenants dans les artères didactiques du système mis en place. Le français y reste donc minoritaire, quand bien même la détermination à promouvoir l’utilisation de la langue et développer la francophonie y est très forte.

Aller au-delà du choix socioculturel

Par vocation, la francophonie se veut un véritable mode de vie qui se démarque conséquemment de celui de l’espace anglophone. Aussi,  à défaut de s’accommoder, la francophonie se doit-elle de s’imposer un déploiement différencié en s’alignant notamment sur les groupements régionaux et sociaux, incitant à l’intégration économique dans la zone. Ainsi, il sera plus aisé d’imposer la langue de Molière aux pays anglophones en œuvrant du même coup à l’expansion de la francophonie. Certes, l’existence d’instituts et lycées français à Accra et en particulier des alliances françaises, y contribuent déjà de manière marginale de cet objectif, même si par ailleurs la mondialisation aidant, l’importance des échanges entre les pays de ladite zone cette tendance devrait aller s’accentuant. Mais étant un état isolé, cette bataille se veut plus rude dans la zone de l’océan indien évoquée supra car, la tendance y est plutôt à l’inverse, les pays francophones de la zone étant littéralement astreints à intégrer des regroupements à dominance anglophone. Aussi peut-on comprendre que la France mette un point d’honneur à rendre plus attractive l’île de la Réunion devenue par la force des choses un acteur discret de la Francophonie, eu égard à ses actions. En effet, l’île représente tout d’abord un atout géostratégique pour la communauté francophone, forte d’une population pluriraciale issue d’Europe, d’Asie et d’Afrique. Suffisant pour lui octroyer une singulière et riche diversité culturelle. Elle est reconnue comme une terre de métissage où émerge le français.

Capitaliser les atouts du Ghana, constitue ainsi un acteur réel de la Francophonie au cœur de la région. Cependant, cet acteur pourrait être encore plus efficace. Compte tenu des atouts frontaliers dont dispose le pays. La francophonie gagnerait à ce que le pays de l’immortel Kwuame K soit intégrée à la politique francophone de la France dans l’océan Atlantique en amont comme en aval. Ce qui devrait se traduire par une amélioration de la circulation de l’information stratégique en direction des responsables politiques et socio-économiques pour obtenir des observations et des propositions. De même, on devrait y affecter davantage de ressources humaines, financières et techniques pour assurer une coordination des actions conduites en matière de politique et médiatiques francophone dans ce pays riche en diversités. A ce titre, l’union internationale de la presse francophone absente au Ghana devrait y voir le jour. Des medias francophones aussi. Pourquoi pas une association crédible des journalistes amis du français. Des représentants des collectivités locales devraient par exemple pouvoir participer aux organes de décisions de l’Agence française de développement (l’AFD) qui constitue l’un des acteurs majeurs du financement de la politique de développement française. La francophonie pourrait, en outre, renforcer cet acteur en l’aidant à mettre en œuvre une stratégie de co-développement dans la région dans le cadre des accords de partenariat économique liant l’Union européenne et les pays Afrique Caraïbes Pacifique. En outre, la mobilité éducative et professionnelle des jeunes ghanéens amoureux de la langue de Molière devrait aussi être encouragée pour cardinaliser la francophonie en Afrique de l’Ouest. Il conviendrait enfin de valoriser les atouts de cette nation pour renforcer par là-même la francophonie dans la région.

Avec autant d’atouts, il devient nettement plus aisé à la francophonie de conquérir de nouveaux espaces et singulièrement dans cette zone sous influence anglophone en ménageant sa monture.

Patrick clément Oyieh


Francophonie au Ghana

Le rêve francophone des anglophones

L’influence socioculturelle de la France n’en finit pas d’étendre l’espace francophone, au détriment bien évidemment de la culture anglophone jusqu’alors considérée comme culture dominante. En somme, les anglophones en sont désormais a entretenir un rêve francophone, ne serait-ce qu’à en juger par la prolifération de lycées français, les instituts français, les Alliances françaises et autres actions de l’AFD (la mastodonte française )de par le monde.

Si pour ce faire la France a su compter sur la singularité de sa gastronomie autour de laquelle s’est bâtie l’extension de sa culture, elle a également su en faire une approche conséquente d’expansion de l’espace francophone, tant il est vrai que ceux des chefs qui ont été séduits et bien entendus influencés par ladite gastronomie n’ont pas hésité de rallier la France  afin de profiter de leur formation en la matière. Ainsi, ces derniers ont transposé dans leurs pays respectifs de véritables îlots de France, à travers des écoles de cuisine et d’hôtellerie, mais aussi et surtout de la langue française, tout au moins au travers des différents menus proposés à la clientèle. Du coup, le français s’est progressivement mué en langue subsidiaire de communication entraînant ainsi un développement conséquent d’un espace francophone qui va désormais bien au-delà des 220 millions de Francophones recensés dans le monde, il y a encore quelques années. Suffisant par conséquent pour imposer à la France à travers l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), la multiplication de lycées français à l’étranger que se font la promotion de la langue française et par là même occasion de la culture française en général. Une donnée à laquelle n’échappe bien évidemment pas l’espace anglophone et singulièrement en Asie, où certaines villes notamment chinoises, voudraient s’arrimer au modèle urbain parisien, à l’instar de la région de Shenzhen où l’on a littéralement repris la Tour Eiffel de Paris.

Influence plurielle

La reproduction de la Tour Eiffel dans une ville chinoise montre l’influence culturelle de la France à travers le monde entier. La Tour Eiffel est un symbole parisien mais aussi français. Cela montre qu’elle est prise comme modèle par d’autres pays dans le monde, ici dans le domaine architectural. Mais il n’est pas que ce seul volet socioculturel qui traduise au mieux ce véritable rêve francophone des anglophones. Il en est de même notamment du prêt-à-porter, des parfums et que des grandes surfaces à l’instar de Carrefour, qui réalise ainsi 56,8% de son chiffre d’affaires à l’étranger (Asie, Amérique latine et Europe de l’Est). A titre d’illustration, En effet, Carrefour possède 203 magasins en Chine, démontrant par la l’influence socioéconomique mondiale de la France. Un modèle qu’entend bien évidemment reproduire l’espace anglophone, même si sur d’autres plans la longueur d’avance de la francophonie tient également de l’influence globale de la France au niveau mondial et singulièrement au plan géostratégique, elle-même adossée au rayonnement politique et diplomatique (rôle au conseil de sécurité de l’Onu, droit de véto, siège au Fmi et à l’Otan = autorité au niveau mondial), au rayonnement militaire (territoire ultra-marins + eaux territoriales = territoires stratégiques pour les bases militaires et la flotte ; centre spatial de Kourou en Guyane). Mises côte à côte, toutes ces influences alimentent grandement le  rêve français auquel n’échappent bien évidemment pas les anglophones et le peuple ghanéen en particulier, qui rêve de Paris, parler français et manger de la gastronomie française.

Patrick clément Oyieh


 

Incidences

Impact socioéconomique et culturel de l’alliance française au Ghana

Si son objectif premier est la promotion de la langue et de la culture françaises, il ne fait point de doute que l’impact de l’Alliance française au Ghana se veut pluriel, tant elle œuvre progressivement à assurer à la langue française singulierement un statut de langue obligatoire, eu égard à la loi faisant la promotion du français comme langue étrangère et la rendant obligatoire au secondaire

Fort de ce qui précède, on comprend que la demande de la connaissance de la langue française devienne de plus en plus croissante au Ghana, tant il est vrai par ailleurs que l’existence dans ce pays de plusieurs Ongs, favorise cet état de fait. Facilitant conséquemment la communication et les échanges, on comprend que de nombreuses entreprises françaises aient depuis peu jeté leur dévolu au Ghana, bravant ainsi la supposée barrière linguistique et affirmant à l’occasion le label français assimilé à la qualité intrinsèque des produits. Quoi de plus normal donc que le français s’y impose désormais dans bn nombre d’entreprises, question pour elles de répondre valablement aux appels d’offres. Mais le plus grand espoir du développement du français au Ghana réside très certainement à la promotion des émissions télévisées articulées autour des jeux pour enfants qui dès lur jeune âge, adoptent ainsi cette langue non plus uniquement pour les jeux de rôles auxquels ils sont généralement soumis, mais aussi comme langue de comunication qui, bien que subsidiaire entame une pénétration conséquente dans ce pays. Et quand bien même l’anglais y exerce une outrageante domination, les nombreux évènements culturels initiés par l’Alliance française semble y changer les haitudes linguistiques, ne serait-ce qu’à en juger par le développement d’une littérature française par des auteurs ghanéens à l’instar de Nutakor, qui a publié des romans comme Retour au Sahel et L’Amazone secrète.

Coups de pouce

S’il est une réalité, c’est celle selon laquelle le français a connu un subit développement avec l’entrée du Ghana à l’OIF en 2006, date à laquelle il a été créé, au sein du Ministère ghanéen, un secrétariat pour les affaires francophones. Et depuis lors, on a pu observer davantage d’engouement pour l’éducation au monde francophone, entériné par la création de bibliothèques disposant d’un fonds documentaire en français, la production de documents pédagogiques en français et surtout l’élaboration des référentiels de compétences pour l’enseignement du français. Mieux enccore, le fait pour le Ghana d’être entouré de pays francophones et de disposer de personnalités francophones adulées telles Kofi Anan, Didier Druba, constituent autant de coups de pouce que la francophonie se doit de capitaliser. Suffisant dès lors pour comprendre les motivations des Ghanéens en la matière et surtout celle inhérente à une plus grande affirmation de soi à travers l’augmentation des chances de trouver un emploi (le français est un plus dans le CV), voyages dans les pays francophones, immigration vers les pays voisins, coopération technique, correspondances avec des francophones, etc. Autant dire donc que l’influence de l’Alliance est indéniable et devrait même aller grandissante, aidée en cela par l’attractivité induite de l’économie ghanéenne à laquelle ne sont guère indifférents les investisseurs français.

Patrick clément Oyieh